LE 20/10/2011

Prix Editorial 2011 et Colloque

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Colloque « Santé, liberté, responsabilité : l’implication de la presse professionnelle"
et Prix Editorial 2011

1. LE  COLLOQUE

Organisé par le SPEPS le 20 octobre 2011, ce grand colloque a été l’occasion de débats animés entre trois hommes politiques, un représentant de l’industrie du médicament et le président du SPEPS.

Le contexte était particulièrement propice à l’organisation d’un débat sur le thème « Santé, liberté, responsabilité : l’implication de la presse professionnelle. Points de vue à six mois de l’élection présidentielle ». C’était l’occasion pour le SPEPS de réunir le président du LEEM, Christian Lajoux, autour de quatre médecins : Jean-Luc Véret, président de la Commission santé d'Europe Ecologie-Les Verts, Serge Blisko, député PS du XIIIe et XIVe arrondissement de Paris, Jean-Pierre Door, député UMP de la 4ème circonscription du Loiret ainsi qu’Alain Trébucq, président du SPEPS. Animées par Hervé Réquillart, rédacteur en chef de Pharmaceutiques,  les discussions ont porté notamment sur l’indépendance de la presse médicale, ses relations d’intérêt avec les laboratoires pharmaceutiques, son rôle dans la formation et sur ses moyens de financements autres que la publicité. Les interventions de Jean-Michel Ceretti, Fondateur de l'association Le LIEN, président du Groupe 4 des Assises du Médicament et conseiller santé du Médiateur de la République et de Michel Chassang, président du CSMF, sont venues également éclairer le débat.

Au cours de ce colloque, Alain Trébucq a tenu à rappeler que « la presse s’adressant aux professionnels de la santé n’était pas en très bonne santé. Ses difficultés s’expliquent par un contexte économique très défavorable à l’ensemble du secteur. » Les entreprises du médicament et plus largement les entreprises de santé qui ont soutenu cette presse professionnelle par leur investissements publicitaires ont, il est vrai, opéré un retrait parfois très prononcé. Un chiffre éloquent avancé par Alain Trébucq : dans la presse dite généraliste, qui s’adresse à l’ensemble des médecins et plus particulièrement aux généralistes, les revenus publicitaires ont chuté de l’ordre de 85 à 87 % en dix ans. Peu de secteurs professionnels peuvent résister à un séisme d’une telle ampleur. D’autant que pendant la même période, les groupes, confrontés à la révolution du numérique, ont dû développer de nouveaux médias. « Notre secteur professionnel ne va pas très bien même si certaines niches sont relativement bien préservées, » a regretté le président du SPEPS.


Cliquer sur cette image pour retrouver l'essentiel du Colloque en vidéo

Des sources d’amélioration pour la presse
S’adressant à la presse professionnelle, Serge Blisko, député PS de Paris « voudrait qu’elle sache que nous, professionnels de santé (car j’en suis resté un malgré mes fonctions politiques), comptons beaucoup sur elle. Elle nous est indispensable même si elle doit, comme toutes les presses d’information, davantage évoluer vers le numérique et notamment les tablettes, que vers le papier.  Cependant et à mon avis, le nombre de titres est sans doute trop élevé ». Comme solution, le député de Paris prône une « certaine adaptation au monde économique dans lequel la presse se retrouve, sans doute en se focalisant sur certains titres forts, informatifs avec des équipes de reporters, de journalistes qui puissent apporter du neuf dans l’information et l’analyse. »
Cliquer ici pour retrouver l'interview complet de Serge Blisko.

Une proposition des Verts
Pour Jean-Luc Véret, Président de la Commission santé d’Europe Ecologie-Les Verts, « après l’affaire Mediator, la question se pose de savoir comment passer des commissions d’expertise à l’information des prescripteurs. A cet égard, la presse médicale peut jouer un rôle important, à condition bien sûr qu’elle change radicalement de culture en travaillant davantage à son indépendance. ». Selon Jean-Luc Véret, maniant à la fois le ton provocateur et l’utopie, les fonds existent au sein du budget public de la sécurité sociale : il suffirait que la part du prix des médicaments investie dans la publicité ne soit plus attribuée au médicament mais directement à la presse ! « Il suffit de faire un circuit beaucoup plus court où l’argent public reste public, en diminuant le prix des médicaments des budgets publicitaires, en supprimant la publicité et les visiteurs pharmaceutiques, et en donnant les moyens à la nouvelle AFSSAPS de financer des contrats avec la presse, dans la mesure où elle s’engage à renoncer à la publicité », explique-t-il.
Cliquer ici pour retrouver l'interview complet de Jean-Luc Véret

Une presse indépendante
Un point de vue que ne partage absolument pas Christian Lajoux, président du LEEM. Pour lui, « il est nécessaire que la presse, qui a obligatoirement des liens avec l’industrie du médicament, notamment via les ressources publicitaires, trouve les moyens de son indépendance. C’est une relation à deux. D’un côté, il est important que la presse elle-même définisse des règles, des comportements qui spécifient bien son indépendance, éditoriale. De l’autre, les industriels doivent coopérer avec elle, notamment via l’achat d’espaces publicitaires et être attentif à laisser s’exprimer la ligne éditoriale choisie par les organes de presse eux-mêmes. » Et d’ajouter que cette relation doit obéir à des règles du jeu bien établies, « ce qui est déjà le cas car nous avons eu à plusieurs reprises l’occasion de signer ensemble des codes de bonne conduite, des chartes de comportement qui assurent précisément cette indépendance éditoriale. » Et le président du LEEM de souhaiter que la presse devienne plus « ambitieuse dans l’expression de ses opinions, sa ligne éditoriale, sa manière d’aborder les médicaments dont elle parle, la vie des acteurs eux-mêmes. Ce qui fera le succès de la presse spécialisée, c’est l’intérêt qu’elle saura générer chez les lecteurs. »
Cliquer ici pour retrouver l'interview complet de Christian Lajoux

La presse face aux récentes affaires
Côté transparence, la presse médicale a, semble-t-il, en partie tiré les enseignements du passé récent. Et comme le faisait remarquer à juste titre, le député UMP Jean-Pierre Door, la presse médicale n’est pas directement en cause dans l’affaire Mediator.  « En tant que rapporteur de la mission sur le Mediator, je ne pense pas que la presse ait une responsabilité. La presse médicale a rempli son rôle en annonçant les problèmes liés à ce médicament. Tout au plus lui a-t-il été reproché de ne pas avoir fait assez de publicité sur le livre de Madame Irène Frachon. Mais ce n’est pas la presse médicale qui a occasionné ce drame, la presse n’a rien à voir avec cela. »
Cliquer ici pour retrouver l'interview complet de Jean-Pierre Door

Les critiques n’ont pas manqué de fuser, d’aucuns reprochant à la presse médicale ses liens privilégiés avec l’industrie, son manque de transparence, le nombre trop élevé de titres tuant son modèle économique, et la nécessité de développer davantage le nombre de ses abonnés.  D’autres idées ont fusé comme par exemple de financer la presse par les sociétés savantes, à l’instar des grandes revues anglo-saxonnes, ou encore par les fonds publics. Une suggestion qui n’a toutefois pas fait l’unanimité.

En guise de conclusion, Alain Trébucq, éditeur et Président du SPEPS, a fait part de sa conviction qu’il n’y avait pas d’alternative à un modèle économique reposant pour partie sur la publicité, pour partie sur les revenus des abonnements. Et que, pour atteindre les ressources suffisantes des abonnements, il fallait savoir satisfaire les attentes et les exigences des lecteurs, ce qui oblige les éditeurs à s’engager résolument dans la voie de la qualité et de l’innovation. Enfin, tenant compte des événements de ces dernières années, Alain Trébucq a rappelé l’initiative prise par le SPEPS d’installer il y a tout juste un an un comité d’éthique et de déontologie, une autorité indépendante qui pourra être saisie à chaque fois qu’un éditeur sera opposé à une tierce personne, morale ou physique, sur un problème susceptible de constituer une entorse à l’éthique ou à la déontologie.

(interviews réalisés le 20 octobre 2011 par Christine Colmont)

 

2. PRIX EDITORIAL 2011 : un excellent cru

Face à la qualité des articles en lice, le jury a parfois eu toutes les peines à trancher et à désigner les lauréats du cru 2011 ! Plus de 150 dossiers de candidature ont été soumis à l’appréciation du jury du Prix Editorial 2011. Si bien qu’effectuer le bon choix dans une telle abondance, qui plus est d’excellente qualité (voir ci-dessous le Palmarès du Prix Editorial 2011), était loin d’être une tâche aisée. Mais le jury aura su surmonter l’épreuve de discussions parfois acharnées sur le choix des articles à primer.

Composé de quinze membres, le jury regroupait cette année des hospitalo-universitaires, infirmières, kinésithérapeutes, dentistes, médecins généralistes et journalistes spécialisés dans l’information médicale mais également grand public. Il était présidé par Gérard de Pouvourville, économiste de la santé, responsable de la Chaire Santé de l’Essec, lequel pouvait compter sur le renfort médical du Dr François Mignon, médecin interniste et président d’honneur du jury.

Chaque membre du Jury reçoit tout d’abord les quelque cinquante articles et dossiers présentés dans la ou les catégories correspondant à son domaine d’expertise, qu’il est chargé de noter en fonction de critères préalablement établis. Ces notes sont ensuite compilées par Catherine Sellier, responsable des activités et de la communication du SPEPS, qui établit, pour chaque catégorie, la liste des trois à cinq articles les mieux notés. Ceux-ci constituent la présélection finale sur laquelle les membres du Jury sont appelés à se prononcer lors de la délibération finale du Jury, pour établir le palmarès de chaque catégorie et décerner le Grand Prix.

« Cette année, plusieurs débats acharnés ont porté sur quelques articles. Nous avons alors poussé la discussion jusqu’au bout, de façon à parvenir à un vote consensuel. J’ai trouvé particulièrement intéressant de voir s’exprimer différents points de vue qui mettaient en valeur telles ou telles qualités de certains textes. Il nous a été parfois très difficile de trancher", explique Gérard de Pouvourville. La qualité et la production de la presse médicale, valorisées par ce prix, ont donc été particulièrement bien représentées cette année.

Palmarès complet et en images
(publications et lauréats,
crédit photos Jean-Pierre Attal, PDF de 2.6 Mo)

Vous trouverez ci-dessous la liste des premiers prix remis dans chaque catégorie
- pour accéder à chaque l'article en fichier PDF, cliquez sur son titre
- et cliquer ici pour écouter les témoignages de tous les auteurs, interviewés par le Dr Alain Ducardonnet,

ÉDITORIAL d’information ou de réflexion traitant d’un sujet médical ou socioprofessionnel
« Anticholinestérasiques : le généraliste peut-il dire non ? » de Philippe NICOT, paru dans Médecine (John Libbey Eurotext)

Article de formation paru dans les revues de MÉDECINE GÉNÉRALE
« L'après-cancer », dossier coordonné par le Pr Pierre BEY, paru dans Le Concours Médical (Global Média Santé)

Article de formation paru dans les revues de MÉDECINE SPÉCIALISÉE
« Best of des grandes études 2010 - Cahier de FMC », de Robert HAÏAT, paru dans Le Cardiologue (Cardiologue Presse)

Article de formation paru dans les revues destinées aux DENTISTES
« L'empreinte optique intra-buccale en pratique quotidienne » de Michel FAGES et coll., paru dans Stratégie Prothétique (L’Information Dentaire)

Article de formation paru dans les revues destinées aux INFIRMIÈRES
« La chimiothérapie anticancéreuse - Cahier de formation », de Maïtena TEKNETZIAN, paru dans L’Infirmière libérale magazine (Wolters Kluwer France)

Article de formation paru dans les revues destinées aux KINÉSITHÉRAPEUTES
« Kinésithérapie et peau brûlée : des principes aux applications régionales » de Christophe DAUZAC, paru dans Kiné Actualité (SPEK)

Article de formation paru dans les revues destinées aux PHARMACIENS
« Les interactions médicamenteuses » de Eric HOUSIEAUX (cahier de formation coordonné par Sylviane LE CRAZ et Florence BONTEMPS), paru dans Le Moniteur des Pharmacies (Wolters Kluwer France)

Article de formation paru dans les revues destinées aux VÉTÉRINAIRES
« La gestion des plaies par la thérapie VAC® est-elle applicable chez le cheval ? » de Roland PERRIN et coll., paru dans Pratique Vétérinaire Equine (Wolters Kluwer France)

Article à caractère journalistique sur la VIE PROFESSIONNELLE
« L'adolescent malade : quand le soin devient violence » de Marie-Victoire CHOPIN, paru dans PSN - Psychiatrie - Sciences Humaines – Neurosciences (Springer France)

Article à caractère journalistique en SANTÉ PUBLIQUE ou ÉCONOMIE DE LA SANTÉ
Ex æquo
« A quand des recos vraiment adaptées ? » de Bénédicte GATIN, paru dans Le Généraliste (Editions du Médecin Généraliste – Groupe Professions Santé)
Et
« Chroniques génomiques. Les tests génétiques grand public en "caméra cachée" » de Bertrand JORDAN, paru dans Médecine Sciences (EDK – Groupe EDP Sciences)

COMPTE-RENDU DE RÉUNION SCIENTIFIQUE OU CONGRÈS
« Compte-rendu du 46e congrès américain en oncologie clinique - Chicago juin 2010 », dossier coordonné par Jean-François MORÈRE, supplément de La Lettre du Cancérologue (Edimark Santé)

Article présentant des TRAVAUX ORIGINAUX EN MÉDECINE, toutes disciplines médico-chirurgicales confondues
« Préparation des services d'accueil d'urgences (SAU) français à la prise en charge des urgences vitales de l'enfant », d’Isabelle CLAUDET et Erick GROUTEAU, paru dans les Annales françaises de médecine d'urgence (Springer France)

Innovation Éditoriale en PRESSE ÉCRITE
Les Cahiers du Médicament, lancés en avril 2011, publient les synthèses des avis de la Commission de transparence, accompagnés de commentaires d’experts choisis en collaboration avec la Fédération des spécialités médicales. Il s’agit de donner une large diffusion aux informations sur le médicament produites par les autorités de santé, et de les contextualiser afin d’aider les abonnés à améliorer leur prescription dans leur pratique quotidienne. Initiative du Comité de rédaction de La Revue du Praticien (Global Média Santé)

Innovation Éditoriale NUMERIQUE ou MULTIMEDIA
« Le regard de l’avocat » : des vidéos d’actualité du droit médical, lancées en septembre 2010, pour offrir aux professionnels de santé une analyse, par un avocat spécialisé du médico-juridique, des sujets ou cas concrets touchant à la pratique médicale, sur le site www.edimark.tv, à l’initiative de Claudie DAMOUR-TERRASSON (Edimark Santé)

GRAND PRIX 2011
« Errare humanum est, perseverare diabolicum » par Eric CAUMES (à gauche sur la photo ci-dessous, interviewé par Alain DUCARDONNET), paru dans La Lettre de l'Infectiologue (Edimark Santé)

Le cocktail de la soirée du 20 octobre en images (PDF de 2.4 Mo)