LE 25/10/2012

Prix éditorial 2012 - Colloque "DPC, la presse prof. santé au RDV"

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Retrouvez ci-dessous la synthèse des échanges ainsi que la vidéo des débats

DPC,la presse professionnelle santé au rendez-vous

Le SPEPS organisait le 25 octobre 2012 (en introduction à la remise des Prix Editoriaux 2012, voir ici le Palmarès) un grand débat, animé par le Dr Fabien GUEZ, présentateur de l’émission Check-Up Santé sur BFM Business, qui réunissait plusieurs personnalités très impliquées dans la mise en œuvre du DPC :
-      Isabelle ADENOT, présidente du Conseil de l’Ordre des Pharmaciens,
-      Olivier GOËAU-BRISSONNIÈRE, président de la Fédération des Spécialités Médicales
-      Rémy BATAILLON, Chef de service de l’évaluation et de l’amélioration des pratiques à la Haute Autorité de Santé,
-      Hervé MAISONNEUVE, président du Jury du Prix Editorial 2012,
-      Alain TRÉBUCQ, président du SPEPS
-      Monique WEBER, directrice de l’OGDPC, organisme gestionnaire du DPC.

 
(de gauche à droite : Alain Trébucq, Olivier Goëau-Brissonnière, Monique Weber, Fabien Guez, Isabelle Adenot, Rémy Bataillon et Hervé Maisonneuve)
Pour écouter l'intégralité du débat (1 heure 16), cliquer sur l'image ci-dessus.

Alain Trébucq, Président du SPEPS, a rappelé en préambule que, selon toutes les enquêtes menées ces dernières années, les professionnels de santé jugent leur presse indispensable à la réactualisation de leurs connaissances, loin devant tous les autres moyens (congrès, réunions, visite médicale). Et de l’avis général, la presse professionnelle santé est un moyen puissant et légitime pour diffuser les connaissances et pour favoriser le partage d’expérience. Aussi revendique-t-elle une place dans ce dispositif, qui peut être aussi une opportunité dans la période difficile qu’elle traverse. 
"La presse professionnelle est reconnue par les professionnels eux-mêmes comme étant leur premier moyen de formation. Elle a donc un rôle majeur à jouer dans le DPC", a souligné Alain Trébucq.

(Cliquer sur la photo pour écouter l'interview d'Alain Trébucq, 02:11)

La presse, maillon essentiel du DPC
Après le rappel par Monique Weber des modalités de mise en œuvre du DPC (Développement Professionnel Continu), qui succède à la FMC (Formation Médicale Continue) et à l'EPP (Evaluation des Pratiques Professionnelles) en les réunissant, les intervenants ont tenté de préciser quelle place pourrait prendre la presse des professionnels de santé dans ce dispositif qui doit officiellement démarrer début 2013.
Pour Olivier Goëau-Brissonnière, président de la Fédération des Spécialités Médicales, comme pour Isabelle Adenot, présidente du Conseil de l’Ordre des Pharmaciens, la presse doit s’emparer du DPC de manière très proactive.
" Le rôle de la presse dans la formation des professionnels de santé, les médecins notamment, est crucial et devrait le rester, explique Olivier Goëau-Brissonnière. Les éditeurs sérieux, transparents, avec des comités de lecture, des comités de rédaction, ont toujours été exemplaires et ils le resteront. Nous ne pourrons pas travailler sans eux".
 
(Cliquer sur l'image pour écouter l'interview d'Olivier Goëau-Brissonnière, 01:15)

Montée en puissance de l'e-learning
Compte tenu du nombre de praticiens à former, il ne pourra s’agir exclusivement de présentiel, il faudra donc de la presse et du e-learning. Pour Rémy Bataillon, de la HAS, et sans préjuger des dispositions que prendront les instances d’accréditation des programmes de DPC, la presse doit pouvoir trouver sa place sous réserve de répondre aux réflexions de la HAS, qui s’articulent autour de deux axes principaux : l’exigence sur la qualité des supports pédagogiques (exigence d’indépendance, de transparence et de qualité) et les méthodes autour desquelles les programmes vont être construits, notamment dans le champ très prometteur de l’e-learning.
" Un programme de DPC comporte une partie cognitive et une partie évaluation. Dans la première, l’e-learning permet au professionnel de se former sans avoir à se déplacer et/ou il peut compléter une formation présentielle. C’est un moyen de formation d’avenir mais il n’est pas suffisant. Il peut être complété par la lecture d’un article scientifique d’une revue. Dans le DPC peuvent se mélanger l’e-learning, la presse, le présentiel, les congrès… ", a expliqué Monique Weber, pharmacienne, Directrice de l’OCDPC, l’organisme gestionnaire du DPC.

 
(Cliquer sur l'image pour écouter l'interview de Monique Weber, 02:49)

Et Monique Weber de rappeler que la presse "reste un maillon essentiel dans la formation du professionnel". Un avis largement partagé par Alain Trébucq qui a tenu à souligner que la presse représente un ensemble incomparable de connaissances, développées sur une grande diversité de supports : publications mais aussi fonds documentaires, outils numériques, programme développés spécifiquement par les éditeurs. La presse est donc particulièrement légitime par sa capacité à produire des documents référents, avec toute la démarche d’évaluation qu’il faut développer en parallèle. Selon lui, il est par ailleurs important de faire de la pédagogie autour du DPC : nul besoin d’outil punitif mais plutôt la nécessité de valoriser la démarche de formation auprès des professionnels de santé, en favorisant le retour d’information qui permet d’améliorer les pratiques, pour créer un cercle vertueux qui donne à tous l’envie de progresser.

Le DPC, une démarche vertueuse
La mise en place du DPC a ouvert le marché, libéré les initiatives, pour Clara de Bort, Chef de département, direction générale de l’offre de soins au Ministère des affaires sociales et de la santé, qui assistait au débat. Autre changement : le marché est devenu sécurisé car " les candidats passent devant une ou plusieurs commissions scientifiques indépendantes, composées exclusivement de professionnels de santé. Enfin, seuls les organismes qui ont déjà des professionnels de santé inscrits vont pouvoir être financés. C’est la meilleure garantie d’un contenu adapté aux besoins des professionnels. Démarche vertueuse, le DPC s’accompagnera de fortes incitations pour que les professionnels de santé s’inscrivent à ces formations. C’est la qualité des pratiques, des soins qui va s’améliorer de manière très continue, de façon très structurelle, dans le système de santé."

 
(Cliquer sur l'image pour écouter l'interview de Clara de Bort, 03:31) 

La presse mobilisée
Alain Trébucq a confirmé que le SPEPS se mobiliserait, sur ce sujet comme sur d’autres, pour que la presse professionnelle soit considérée comme un ensemble de moyens (abonnement, plateforme numérique, présentiel, événementiel…) pour participer à la construction du parcours de formation, avec une puissance de feu que nulle autre structure ne peut avoir. Tout en reconnaissant qu’il s’agit d’un défi gigantesque, il s’est dit résolument optimiste, car la presse a d'importants moyens à mobiliser dans le cadre de ce dispositif global où chacun peut trouver une satisfaction.
Puis il a conclu en citant les propos, très actuels, même s’ils datent de 1836, tenus par le chirurgien Jean Cruveilhier : « Lorsqu’il s’agit de la vie des hommes, l’ignorance est un crime ; les hommes de l’art doivent suivre le mouvement de la science, la médecine comme toutes les sciences ne saurait rester stationnaire. L’érudition est indispensable aux médecins mais pour porter ses fruits elle ne doit pas être limitée aux auteurs contemporains, et interroger presque également et les auteurs modernes et les auteurs anciens, dont la lecture nous affranchit de la séduction des idées du jour ».