LE 15/12/2010

Prix Editorial 2010 et Colloque

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Le Syndicat national de la Presse Médicale et des Professions de Santé (SNPM) arbore un nouveau patronyme vitaminé : le SPEPS (Syndicat de la Presse et de l’Edition des Professions de Santé).

« Ce changement de nom témoigne de la modernité de notre organisation professionnelle », explique son président Alain Trébucq. « Aujourd’hui le système de santé s’organise de manière beaucoup plus transversale qu’auparavant. Toutes les professions de santé sont désormais considérées sur un même plan, permettant de concevoir une organisation interprofessionnelle des soins. Le syndicat souhaitait donc effacer cette dichotomie entre les médecins d’un côté et les autres professionnels de la santé de l’autre, mais également réunir plus largement tous les métiers de la communication santé, qu’ils soient issus de la presse ou de l’édition. Et c’est ainsi l’acronyme très dynamique « SPEPS «  qui a été choisi à la quasi unanimité des adhérents ».

Ce beau lifting du Syndicat a été dévoilé lors d’un colloque organisé le 15 décembre dernier à Paris avec Science-Po sur le thème « Les professions de santé dans le tourbillon des réformes ». De nombreux participants, auteurs, éditeurs, politiques, ont pris part à l’évènement, rythmé par deux tables rondes et un débat.

Les relations difficiles entre les professions de santé et les pouvoirs publics

En introduction, Didier Tabuteau, responsable de la chaire santé de Sciences Po, a rappelé comment, depuis la révolution française et l’apparition des officiers de santé, une rupture s’était installée entre le politique et le corps médical, dont les effets se font encore ressentir aujourd’hui. Mais pour sauver un système de santé aujourd’hui menacé par les déficits, tous les partenaires, l’Assurance Maladie, les pouvoirs publics, les professions de santé, les associations de patients doivent pouvoir travailler ensemble pour assurer la refondation du système. Cette initiative devra être mise en place dans les plus brefs délais, l’urgence est bien là. « Pour sauver le système et donc l’améliorer, tous doivent considérer qu’ils sont dans le même bateau et unir leurs forces. Certes, des divergences d’intérêt peuvent survenir, ce qui paraît naturel. Mais il faut dépasser ces difficultés et sauver ce système, protecteur tant pour les assurés sociaux que pour les professionnels de santé, garantissant leur indépendance et leur déontologie professionnelle », explique Didier Tabuteau.

Les ruptures professionnelles

Pour Pascal Maurel, Directeur de la publication Décision Santé, les raisons de ces ruptures sont nombreuses : évolutions sociologiques (aménagement et/ou réduction du temps de travail), démographiques (manque de médecins dans certaines zones, voire déserts médicaux), législatives (loi sur les droits du malade), technologiques (Internet, assurant une profusion d’informations sur la santé accessibles à tous, télémédecine incluant aussi bien la téléconsultation que la téléassistance)…
Pour y répondre, les professions de santé s’organisent, à l’exemple des maisons de santé. « Toutefois, si celles-ci sont un élément de réponse, elles ne règleront pas tous les problèmes de désertification médicale, » tempère Pascal Maurel.

« Dans la profession des pharmaciens, les ruptures professionnelles tiennent essentiellement à l’utilisation des technologies de l’information et à une nouvelle forme de coopération entre professionnels de la santé », souligne Isabelle Adenot, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens. Ainsi les pharmaciens d’officine ont développé le dossier pharmaceutique : 11 millions de Français sont actuellement concernés et 18000 sur les 22000 pharmacies sont équipées. C’est une grande révolution puisque le pharmacien n’exerce plus seul mais en relation avec l’ensemble de ses confrères autour des patients. Cette coopération entre professionnels de santé suppose une volonté de travailler ensemble, qui peut s’exercer à l’intérieur des maisons de santé, de pôles de santé ou d’autres structures. « Les pharmaciens espèrent s’investir beaucoup dans le dépistage, la formation, dans l’éducation thérapeutique et dans d’autres domaines encore, la vaccination par exemple. Ainsi, les pharmaciens d’officine peuvent très bien proposer un meilleur suivi grâce au dossier pharmaceutique et donc envoyer la personne chez son médecin qui vérifiera les vaccinations. », indique Isabelle Adenot.

Les ruptures organisationnelles

Là encore, les problématiques différent suivant les professions de santé. « Les nouvelles missions des chirurgiens dentistes, par exemple, consistent à dépasser les soins curatifs et à intervenir davantage sur la prévention et le dépistage, à tous les âges », souligne Remi Bilbault, directeur général du pôle santé de Wolters Kluwer. Si éduquer les jeunes enfants aux soins de leurs dents a depuis longtemps montré des résultats probants dans la prévention des caries, miser sur le chirurgien dentiste pour détecter précocement des lésions pré-cancéreuses ou cancéreuses de la cavité buccale est un fait plus nouveau encouragé par l’Institut national du cancer et qui témoigne d’un certain effacement des frontières entre professions de santé. Les missions du vétérinaire évoluent aussi, on le constate avec leur rôle de veille face à des risques de maladies humaines pour lesquelles l’animal est un relais (ESB, grippe aviaire…).

D’autres ruptures organisationnelles portent sur le maillage médical de l’Hexagone. Comme le souligne, Sandrine Buscail, médecin généraliste travaillant à la Haute autorité de santé, les défis posés par les déserts médicaux ne relèvent pas tant d’un simple problème numérique de médecins que de l’accès des patients aux soins, de l’inadéquation entre l’offre et la demande, surtout dans un contexte sociétal en pleine mutation. Le développement de nouvelles pratiques pluridisciplinaires permet de répondre aux enjeux et de s’adapter à la demande des patients, laquelle n’est plus stricto sensus de s’occuper de leurs maladies mais aussi de prendre en compte leur environnement et leur qualité de vie. Il n’est plus question aujourd’hui de s’adresser aux professionnels de santé uniquement parce qu’on est malade mais aussi parce qu’on veut se sentir mieux. Cette notion de bien être nécessite une approche plus globale et donc pluridisciplinaire.

Un débat animé

Enfin, pour clore le Colloque, un débat particulièrement animé a rassemblé le député UMP Yves Bur au député PS Jean-Marie Le Guen et le président du Centre national des professions de santé Michel Chassang. Il a notamment porté sur la refondation du système de santé et sur son financement.

Les prix éditoriaux 2010

A l’issue de ce colloque, ont été remis les prix éditoriaux 2010 de la presse médicale et des professions de santé. Au cours d’une cérémonie animée par Alain Ducardonnet, le jury présidé par Didier Tabuteau a distingué les articles ou les initiatives marquants de l’année 2010. Il a comparé et sélectionné des productions professionnelles très diverses : articles scientifiques, comptes-rendus de réunions scientifiques ou de congrès, articles de formation continue, analyses consacrées à la vie professionnelle, la santé publique et l’économie de la santé. Les innovations éditoriales de la presse écrite et les innovations numériques et du multimédia ont également été mises à l’honneur, primant la richesse, la variété et l’originalité des publications de ce secteur.

Les articles du palmarès